Le numéro 177 en vente jusqu'au 21 juin 2016
Presse Bisontine 177

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Laïcité

À force de brandir la laïcité comme le nouvel étendard de la Nation française, on finit par perdre le sens de cette belle valeur républicaine. La laïcité est là en France pour affirmer qu’aucune religion ne doit prendre le pas sur une autre, ni interférer dans le fonctionnement de la société, en somme, la séparation dans l’État de la société civile et de la société religieuse. Mais à trop vouloir en faire, on en perd le fondement même de ce principe. Les partisans d’une laïcité pure et dure, qui nie la diversité de la société et de ses composantes, en sont arrivés à un point où cette laïcité est quasiment érigée en religion d’État ! Quel paradoxe. Si bien qu’on en devient intolérant vis-à-vis de ceux qui ne font qu’exprimer le moindre sentiment religieux. D’ailleurs qu’il soit catholique, musulman ou juif, le pratiquant est devenu une sorte de citoyen suspect. Le Pape François a récemment jugé la France comme pratiquant une “laïcité exagérée.” Non pas que notre pays veuille rayer plus de 1 500 ans d’histoire - après tout, la notion de France est née au moment du baptême de Clovis en 496 - mais simplement qu’en voulant transposer cette valeur républicaine en toutes circonstances on n’atteint pas l’effet souhaité, au contraire. Si la laïcité à la française était si efficace que cela, on ne débattrait plus à l’infini sur la question de savoir s’il faut ou non autoriser le port d’un voile dans une crèche ou dans une université. Si la laïcité à la française marchait si bien que cela, les officiers d’état civil n’auraient pas tous les maux du monde à obliger un citoyen à retirer un signe distinctif pour établir un passeport, ou un homme médecin à soigner une femme musulmane sans être confronté aux remontrances du mari. La laïcité élevée en dogme est une nouvelle religion, donc un nouveau risque de fracturer une société déjà fragile. Regardons ce qui se passe dans d’autres pays comme l’Angleterre ou les États-Unis par exemple où dans les rues des villes se promènent en toute quiétude des juifs avec leur kippa, des musulmans portant le voile, des religieuses catholiques en habit ou encore des Sikhs coiffés d’un turban. Et tout se passe sans heurts parce que là-bas, la tolérance est de mise. Mais aussi parce que dans ces pays il n’y a jamais eu la mainmise d’une seule religion sur le pouvoir pendant des siècles comme ce fut le cas en France. La laïcité reste évidemment comme le meilleur rempart à tous les débordements ou la tentative d’ingérence de quelque religion que ce soit dans les affaires publiques. Mais pour qu’elle s’exerce de façon harmonieuse, il est indispensable que cette laïcité soit mâtinée d’une bonne dose de tolérance. Le sectarisme a longtemps été l’apanage des adeptes d’une seule religion. Il ne faut pas qu’il devienne celui des ayatollahs de la laïcité.
Jean-François Hauser

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Jean-François HAUSER

Directeur de la rédaction