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UN VI LLAGE À L’HONNEUR
36
R
ené Vanouche a quitté
la présidence du club
des “Quatre Monts”
(Tarcenay, Foucherans,
Évillers, Trepot, Mérey-sous-
Montrond) à la suite d’une
assemblée générale extraor-
dinaire le 12 mai. Il cède sa
place à Jean-Claude Brand
après avoir occupé cette fonc-
tion pendant plus de cinq ans.
À 60 ans, l’homme a choisi de
faire une pause avec le foot,
son
“virus.”
Des raisons per-
sonnelles le poussent à
prendre des distances.
“Je faisais tout dans le
club. J’étais aussi bien
secrétaire, entraîneur
qu’à la recherche des
sponsors. En plus, j’étais
dans les commissions
de ligue, et secrétaire à
l’amicale des présidents
de clubs. Ça faisait beaucoup.
Le bénévolat, est en crise, ce
n’est pas un secret. On a des
soucis, alors au bout d’un
moment, j’ai dit
basta
.”
René Vanouche s’accorde une
pause d’un an. Le temps de
souffler, de faire le point pour
ensuite revenir au comité, si
c’est nécessaire.
“Si au terme
de cette période je vois que les
“Quatre Monts” a des diffi-
cultés, alors je reviendrai.”
Il décroche, mais gardera un
œil sur cette structure qu’il
estime laisser dans un état
“sain. J’ai assuré mes arrières.
Et puis je ne reste pas loin.
En cas de problème, le club
peut compter sur moi. Mais je
ne m’inquiète pas, je connais
le nouveau président,
c’est un peu la bible du
club.”
Ce passionné a
pris soin de préparer
son départ avant de
tourner les talons.
On le croisera proba-
blement les jours de
match sur les bords des
terrains pour supporter toutes
les équipes. Le club “Les
Quatre Monts” compte aujour-
d’hui 250 licenciés, toutes les
catégories sont représentées,
même les filles.
O
A
SSOCIATION
Foot “Les Quatre Monts”
René Vanouche
tire sa révérence
Après cinq ans passés à la présidence du
club des “Quatre Monts” qui réunit cinq com-
munes, il quitte ses fonctions le temps d’un
petit
break
d’un an.
L
e Bella Lucia n’attend
pas. Ce bateau à voile,
un vieux langoustier de
type Ketch est en cours
de rénovation. Amarré
dans un port quelque part aux
Canaries, il doit être opéra-
tionnel pour la régate qui se
prépare début septembre. À
4 000 kilomètres de là, loin des
eaux bleues des îles de l’At-
lantique, la pression monte.
Nous sommes à Tarcenay. Plus
précisément aux Nargillats, un
des nombreux hameaux dis-
persés que compte cette com-
mune de 1 300 hectares. La fer-
me est isolée, aumilieu des prés,
avec vue sur la vallée de laLoue.
C’est le fief de la famille Ter-
reaux. Rien à voir avec l’océan.
Et pourtant, Christian,Monique
et leurs deux fils Jean-Lou et
Sylvain s’affairent pour hono-
rer cette nouvelle commande.
Avant la mi-août, 140 poulies
doivent être expédiées pour ter-
miner d’équiper le Bella Lucia,
un voilier de 45 m de long. Le
temps presse, il faut régler les
problèmes, répondre au télé-
phone, fabriquer. Le quotidien.
De toute façon, à cette époque
de l’année, alors que les amou-
reux de la mer commencent à
sortir leur bateau pour navi-
guer, eux sont sur le pont… où
plutôt à l’atelier.
Christian et Monique
Terreaux sont pas-
sionnés de voile. Un
virus qu’ils ont trans-
mis à leurs trois
enfants. Ensemble, ils
ont créé l’entreprise
Dryade. Cette société
familiale fabrique l’ac-
castillage pour les
bateaux de plaisance classiques.
Explications.
“L’accastillage
correspond à tous les équipe-
ments qui relient la main de
l’homme aux voiles. Ça passe
par toutes les pièces de fixa-
tion, fermetures diverses, les
mousquetons, les poulies, et les
quincailleries”
souligne Chris-
tian en spécialiste.
Certaines des poulies en ques-
tion ont la forme d’un grain de
café. C’est à travers elles que
circulent les cordes grâce aux-
quelles onmanie les voiles. Ces
pièces de bois sont de tailles et
d’essences différentes. Penché
sur l’atelier, Sylvain, ébéniste,
met une dernière touche
manuelle à l’une d’entre elles.
Il ponce.
“C’est du jatoba
dit-il.
Un bois du Brésil. En Guyane,
on l’appelle le courba-
ril. Habituellement, on
utilise le frêne blond de
la région pour ce gen-
re de réalisations.”
La particularité des
pièces qui sortent de
cette maison est
qu’elles sont assem-
blées par visserie, et
non pas rivetées et collées. Le
procédé présente l’avantage de
faciliter l’entretien, car à tout
moment onpeut démonter entiè-
rement la poulie.
L’astuce est de Christian Ter-
reaux. Cette idée a contribué à
donner une renommée mon-
diale à ses équipements.
“Nous
sommes toujours les seuls au
monde à remplacer les rivets
par des vis.”
Résultat, en dix
ans, il a fourni les plus beaux
bateaux dumonde, comme l’Ai-
le VI (1928), l’Oiseau de Feu,
le Vanity V, ou le Catina VI. Le
rêve, pour un fondu de bateau
comme lui. Depuis son plus
jeune âge il s’imaginait d’em-
barquer sur un de ces voiliers
amarrés dans les ports.
L’aventure a débuté un peu
par hasard, lorsqu’il a acquis
un voilier à rénover qui trône
toujours devant la maison. La
coque attend son heure. Chris-
tian a commencé à dessiner
des poulies, puis à les fabri-
quer
“pour les copains.”
Le
bouche à oreille a fait le reste.
La technique s’est affinée avec
le temps. La passion est deve-
nue un job. Dryade conçoit
désormais des pièces spéci-
fiques qui allient classicisme
et technologie.
Régulièrement, cet urbaniste
de profession qui n’a pas pour
autant abandonné ce métier,
se déplace sur des salons, ren-
contre des clients aux quatre
du globe. L’entreprise est recon-
nue comme une spécialiste dans
ce domaine.
Pourtant, la famille Terreaux
est discrète. Enfin, qui vien-
drait chercher un profession-
nel de l’accastillage en pleine
nature, aux portes de la ville
de 100 000 habitants la plus
éloignée de la mer ? À un
moment donné, Dryade a hési-
té à déménager sur la côte pour
se rapprocher des bateaux. Un
choix recalé à l’unanimité, car
finalement l’air de lamontagne
a aussi son intérêt. Mais jour,
peut-être, Christian Terreaux
prendra la mer sur son voilier
qu’il rénove à petit pas pour
sa “retraite.” Quand il trouve-
ra le temps.
O
Ô mon bateau !
Elle peut habiter en pleine nature, dans la campagne de Tarcenay, la
famille Terreaux a le pied marin. C’est ici qu’elle fabrique des poulies
pour des voiliers prestigieux du monde entier.
D
ÉCOUVERTE
Une renommée internationale
“Le club
peut
compter
sur moi.”
Un bateau équipé des poulies faites à Tarcenay.
80 % du travail est manuel.
“Nous
sommes
toujours
les seuls
au monde.”
Les poulies de Dryade font le tour du Monde.
En passant par…
Tarcenay