La Presse Bisontine 198 - Mai 2018

2 La Presse Bisontine n° 198 - Mai 2018 Attractivité Pas une semaine ne s’écoule sans qu’un sondage comparant les villes de Fran- ce ne sorte dans quelque journal ou hebdomadaire. Dans quelle ville fait-il le mieux vivre, quelle est la ville le plus chère, la plus verte, la plus dynamique, où il fait bon étudier ?… Besançon appa- raît, parfois, en tête de certains clas- sements, parfois à la traîne et au final, ces palmarès construits sur des critères plus ou moins fumeux ne donnent que peu d’enseignements sur la réalité d’une ville. Et quels que soient les efforts four- nis par les services économie des agglo- mérations ou les services communica- tion des villes, ces classements passent et n’ont pas la moindre influence sur la fameuse attractivité des métropoles. On aura beau retourner la question dans tous les sens, deux facteurs essentiels dont l’un n’est pas modifiable, jouent sur cette attractivité : la géographie, et le statut. On aura beau envelopper Besançon de tous les superlatifs, la pré- fecture du Doubs n’aura jamais l’attrait d’un littoral ou un climat méditerranéen. Quant au statut, force est de recon- naître que depuis la fusion des régions, et malgré tous les efforts d’un Jean- Louis Fousseret ou les contorsions diplo- matiques d’une Marie-Guite Dufay, la force centrifuge de la nouvelle capita- le Dijon jouera toujours, comme pour Dijon la force centrifuge de Paris ou de Lyon fera toujours de l’ombre à la Cité des Ducs. C’est ainsi, et après tout, qu’a- t-on à y perdre, sinon un peu d’orgueil ? Plutôt que de se battre contre la mau- vaise foi d’un voisin un peu plus fort, il serait temps que Besançon se recentre sur elle-même en valorisant, enfin, ses atouts intrinsèques. Le positionnement de Besançon comme future “capitale” (c’est l’ambition) des sports nature et autres activités outdoor, thème de notre dossier du mois, est sans doute la vraie bonne piste à creuser. Dijon n’aura jamais de collines verdoyantes à vanter, jamais de réseaux de sentiers à promouvoir, d’atouts naturels à exploiter à destina- tion du seul critère qui sans doute comp- tera pour la suite de ce siècle : le cadre de vie. On peut être le premier quar- tier d’affaire de France et concentrer le plus de dépressifs au mètre carré. Ce n’est pas le créneau de Besançon. Alors finissons-en de ces querelles stériles avec la voisine dijonnaise, Besançon doit se recentrer sur ce que la géogra- phie et la topographie lui ont offert en héritage. n Jean-François Hauser Éditorial est éditée par “Publipresse Médias” - 1, rue de la Brasserie B.P. 83143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 E-mail : redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645 Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Directeur artistique : Olivier CHEVALIER Rédaction : Édouard Choulet,Thomas Comte, Jean-François Hauser. A collaboré à ce numéro : Sarah George. Contact publicitaire : François ROUYER au 06 70 10 90 04 Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N. : 1623-7641 Dépôt légal : Avril 2018 Commission paritaire : 0220 D 80130 Crédits photos : L.P.B., C.A.G.B., P. Donzé,P. Groshany/Webed, D. Hanisch, J.-C. Sexe, U.I.M.M., V. Vernier. N ous avons retrouvé le pavillon Baltard, démonté et vendu en 1999 par la Ville de Besançon à un habitant de Dompierre- les-Tilleuls, à condition que celui-ci le valorise dans les deux années suivant la vente. Presque 20 plus tard, les barres métalliques de l’ancien mar- ché couvert bisontin, classé, rouillent à l’air libre, dans une propriété privée du centre du village de Dompierre-les- Tilleuls, entre Pontarlier et Fras- ne. Une vision qui agace deux voisins : “C’est la rue de la hon- te !” s’exclame une habitante de la rue. Le propriétaire des poutres métalliques devait le reconstruire pour abriter un musée des techniques agri- coles. Il s’explique : “Les poutres ont été mal coupées. Je peux difficilement en faire quelque chose. Je suis en pour- parlers avec la Ville de Besan- çon qui pourrait les reprendre.” Après vérification auprès des services techniques de la Vil- le de Besançon qui étaient en lien avec lui, aucun contact récent n’a été pris entre lui et la collectivité. La vision du fer rouillant devant leurs fenêtres, ces habitants du Haut-Doubs devraient encore l’apprécier un certain temps. n L e Grand Besançon a lan- cé un nouveau disposi- tif d’accueil pour les tou- ristes sur le pôle de Chamars. Jusqu’ici, le site de Chamars où convergent notam- ment les cars de tourisme ne disposait pas d’un lieu pour accueillir convenablement les chauffeurs de cars. “Or ces chauffeurs sont bien souvent prescripteurs au sein de leur compagnie, il faut donc répondre à cette attente” a bien compris l’Agglo. C’est désormais cho- se faite. Il est également appa- ru nécessaire que la ligne sai- sonnière de bus desservant la Citadelle soit à proximité immé- diate de ces parkings. C’est la raison pour laquelle “l’implan- tation à Chamars de la ligne qui dessert la Citadelle par le centre- ville en 12 minutes constitue le point fort du nouveau disposi- tif” note la C.A.G.B. La ligne 27 a d’ailleurs été rebaptisée il y a quelques semaines “Ginko Cita- delle” avec des bus habillés aux couleurs de la Citadelle. Cette ligne “fonctionnera jusqu’à fin octobre.” Pour mieux promouvoir ce dis- positif, la C.A.G.B. a lancé un pass Ginko Citadelle, avec entrée à la Citadelle et Pass Ginko 24 heures. Enfin, un “Gin- ko Tour”, c’est-à-dire une visi- te guidée numérique à bord du bus Ginko Citadelle, est pro- posé aux voyageurs. “Depuis un smartphone ou une tablet- te, il suffit de se connecter au réseau Wifi “Ginko Tour” : au fil du trajet sur la ligne, le patri- moine bisontin se révèle en réa- lité virtuelle, les monuments du centre-ville et la Citadelle.” n J ean-Louis Fousseret l’a appelé pour lui faire de tout son soutien, un “message d’amitié auquel François Reb- samen a été sensible” assure le maire de Besançon. Mardi 10 avril, le maire de Dijon et ancienministre du Travail annon- çait son retrait temporaire de la vie politique pour soigner un cancer. La veille, les débats du conseil municipal de Besançon, qui ignoraient tout de la maladie du maire de Dijon, ont essentielle- ment tourné sur le long entre- tien accordé aumagazine “Spar- se” daté de mars. Une attaque frontale contre la Franche-Com- té comme Rebsamen sait si bien le faire. Florilège : “Parce qu’il commence à nous prendre la tête avec ses microtechniques (…) j’ai dit à Fousseret : “Si tu veux qu’on parle de Besançon, fais un téléphérique pour mon- ter à la Citadelle !” Le Dijonnais se la joue rock’n’roll lorsqu’il s’agit répondre à des questions sur le voisin bisontin et com- tois. Il se rappelle être venu assister dans ses jeunes années à un concert d’AC/DC à Besan- çon - parce qu’à Dijon, il n’y avait pas de salle. Il commen- ce doucement : “Besançon est une jolie ville” , dit-il. Puis, il enchaîne rapidement : “Ils (les Francs-comtois) ont un problè- me psychologique. Ils se sen- tent assiégés ! Est-ce que cela tient de l’histoire ? À Vauban ?” Pour le mot “gougnafiers” , il a été interprété selon lui. Il estime que “Besançon a ten- té de faire un coup vache en voulant récupérer le tribunal de commerce. Il n’y a que 18 juges consulaires qui ne sont pas à même de traiter les grandes affaires.” Les juges bisontins apprécieront. Remarque du jour- naliste : “Dijon a quand même récupéré trois quarts des choses, ça peut vexer.” Réponse : “Quand j’étais ministre, j’ai mis la D.I.R.E.C.C.T.E. à Besançon. C’est là que j’ai découvert qu’avec les Bisontins et les Francs-Comtois, la logique est assez simple : tu donnes ce que t’as et j’essaie de prendre le res- te. C’est toujours comme ça : “Dijon nous prend tout” alors que ce n’est pas vrai du tout.” Au sujet de la métropole, nou- velle leçon : “Je me suis battu pour qu’il y ait une métropole à Dijon (…). On n’a pas eu la même stratégie ! Je ne vais pas dire du mal, chacun la sienne, il a fait ce qu’il voulu Fousse- ret. J’ai fait un projet, les com- munes autour, celles qui sont d’accord, venez avec moi. Je n’ai pas essayé d’englober tout le monde (…). C’est la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf. Il a pris des tas de communes assez loin de Besan- çon, il n’arrive pas à passer en communauté urbaine.” Après avoir lu tout cela, une once d’optimisme : Rebsamen ne “nous” considère pas com- me l’ennemi. Le Franc-Com- tois est assez intelligent pour lui souhaiter un prompt réta- blissement. n L’orientation des touristes s’améliore L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Bisontine revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait la une de l’actualité de Besançon. Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”. L’ancien marché couvert rouille dans le Haut-Doubs Rebsamen, sa sortie médiatique contre Besançon, sa maladie Jean-Louis Fousseret a appelé François Rebsamen pour le soutenir dans son combat contre le cancer (photo archive L.P.B.). Un “Ginko Tour” est proposé dans les bus à l’effigie de la Citadelle (photo Grand Besançon). RETOUR SUR INFO - BESANÇON Des voisins s’agacent de cette vision. Les poteaux de l’ancien marché couvert de Besançon rouillent à Dompierre-les-Tilleuls.

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