La Presse Bisontine 197 - Avril 2018

LE PORTRAIT 39 La Presse Bisontine n° 197 - Avril 2018 PIREY L’amateur devenu l’égal des pros C e jour-là, après une nuit de gar- de et seulement quelques heures de sommeil, Séverin Rochet a trouvé l’énergie pour “décoller” tôt. Direction la forêt de Chaux, dans le Jura, pour des heures d’attente sans bouger un orteil dans le froid et l’hu- midité. Seuls son index et ses yeux se sont animés pour apercevoir l’animal et déclen- cher l’appareil photo. L’exercice peut paraître raide, surtout un jour de repos. Pour le quadragénaire, c’est une addic- tion, son moteur. Quand il se prend de passion pour la photo en 2011 après un voyage en Tanzanie, Séverin prend un cours auprès d’un photographe anima- lier. À l’époque, il arrive avec son coupé cabriolet, ses petits mocassins, au ren- dez-vous. Son formateur sourit. Celui-ci ne tiendra pas longtemps se dit-il. 7 ans plus tard, Séverin possède un 4 x 4 pour mieux ranger ses téléobjectifs. La paire de bottes ne quitte plus son coffre. Son formateur, devenu un de ses amis, l’ac- compagne désormais dans des périples photos. Le dernier en date : la Biélorussie - en hiver - à la recherche des loups ou des ours dans des conditions spartiates. À l’inverse d’autres de ses confrères, il immortalise les animaux en pleine nature et non en parc fermé. Bien sûr, Séverin a commencé par là pour s’exercer. Il parcourt désormais les forêts duHaut- Doubs, du Jura, voire des environs de Besançon, dans les Abruzzes en Italie, à la recherche d’indices pour trou- ver ici un lynx, là un terrier de renard, plus loin une biche. Arriver à photographier l’ani- mal dans une position, dans son univers, sans qu’il ait aperçu sa présence, voilà son défi. Une de ses photos lui a permis de remporter le prix prestigieux du public lors du 1 er festival de photographie de Besan- çon face à 35 autres concurrents l’an der- nier. “Mon but, c’est que mes photos racon- tent une histoire, pour faire rêver” dit-il. Chacun des clichés est accompagné d’anec- dotes, parfois cocasses. Celle du renar- deau (photo ci-contre) est intitulée “Curio- sité”. Séverin est tapi à la sortie du terrier. Le renardeau s’approche à 4 mètres puis encore plus près : “La focale de mon appa- reil m’interdit toute photo à cette distan- ce” se souvient Séverin qui parvient tout de même au bon réglage. L’animal vient sentir l’homme sans jamais se rendre compte de cette présence. Moment magique. “Mon objectif est évidemment d’être le plus discret pour ne pas les gêner.” De la discrétion, le photographe ne peut plus en avoir lorsqu’il déambule dans les services des urgences de l’hôpital Minjoz de Besançon où il exerce. Ses photogra- phies sont accrochées au niveau - 1 des urgences traumatologie-orthopédie, en consultation. “Nous avons vu ces photos apparaître dans sa vie et savions que c’est une passion” témoigne le Professeur Lau- rent Obert, responsable du service, qui a pris la décision de les installer après accord de la direction. D’objets d’art, les photos sont devenues un outil pour prendre en charge des patients venus pour un traumatisme (léger). Ils utilisent les cli- chés en hypno-analgésie : “Notre équipe étant formée à l’hypnose, les photos sont le support pour faire entrer le patient dans un scénario. On le fait rentrer dans la forêt. Le patient, inquiet, se rassure. L’équipe médicale de traumatologie du service consultations et urgences s’est approprié les photos de Séverin. Le per- sonnel a choisi l’installation” poursuit le chef de service qui avoue une préfé- rence pour l’image de l’hermine blanche. La photo de l’ours, elle, est arrivée dans le bureau d’un médecin. N’y voyez aucun raccourci… Les photos emportent éga- lement les clients du salon de coiffure “Le Figaro de Bersot” tenu par Gérald Morin où une exposition permanente permet de les contempler. Si ce n’est pas un but affiché, la com- mercialisation devient un jeu pour Séve- rin. “Disons que c’est gratifiant. J’ai pu trouver de la gratification dans la pho- to, que je n’ai pas trouvée complètement avec la médecine” confie le photographe. On lui a demandé de photographier un animal de compagnie. Ce n’est pas son truc. Il commercialise des boîtes lumi- neuses où sont intégrés les clichés. Très tendance. Si les chasseurs ne sont pas toujours ses amis, certains de ses patients chasseurs lui délivrent les bons coins. Les photos de Séverin réconcilient les patients avec la médecine. Et le chasseur avec le photographe animalier. Il vise juste. Prochain concours à l’automne… D’ici là, des heures d’affût et de billebaude vont découler. Le médecin a trouvé son médi- cament. n E.Ch. Chirurgien urgentiste à l’hôpital de Besançon, Séverin Rochet se passionne pour la photogra- phie animalière. Ses images font un tabac et sont utilisées en service traumatologie pour soulager les patients ! Séverin Rochet, photographe animalier demeure à Pirey. Le renardeau à la sortie du terrier (photo Séverin Rochet). Photographe à la précision chirurgicale Elles racontent une histoire. Bio express l Âge : 42 ans l Métier : chirurgien orthopédiste spécialiste de l’épaule l En 2017, il remporte le prix du Public au 1er festival de photographies de Besançon. l Il exposera fin octobre au Grand Kursaal de Besançon pour le 2 ème festival de photographies puis Mouthe (du 7 au 9 décembre) BULLETIN D’ABONNEMENT Bulletin à remplir et à retourner accompagné de votre règlement à l’adresse suivante: LA PRESSE BISONTINE B.P 83 143 - 1, rue de la Brasserie - 25503 MORTEAU CEDEX 1 an (12 numéros) = 30,80€ au lieu de 33,60€ soit 1 numéro gratuit 2 ans (24 numéros) = 58,80€ au lieu de 67,20€ soit 3 numéros gratuits Nom ....................................................................................................... Prénom .................................................................................................. N°/Rue .................................................................................................. Code ......................... 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