La Presse Bisontine 195 - Février 2018

2 La Presse Bisontine n° 195 - Février 2018 Centralisation Après le tribunal de commerce spé- cialisé, Réseau Ferré de France, peut- être avant la Cour d’appel, et pourquoi pas demain la recherche hospitalière, après avoir failli perdre le C.R.O.U.S., c’est au tour de la Caisse d’Épargne avec ses plus de quatre-vingts sala- riés de quitter Besançon pour Dijon. On assiste, quarante ans après les pre- mières lois de décentralisation, à une véritable recentralisation des pouvoirs. Cette nouvelle fuite vers la capitale régionale Dijon en est une nouvelle illustration. La philosophie des légis- lateurs qui ont initié les premières lois de décentralisation était de contreba- lancer le jacobinisme à la française où tout se décidait de Paris pour donner de plus en plus de pouvoirs et d’initia- tives aux échelons locaux. Noble inten- tion. Mais à force de vouloir sans ces- se rebattre les cartes de l’aménagement du territoire, il semble que les inten- tions de départ finissent par être tota- lement dévoyées. Avec un recul de deux ans, on peut affirmer aujourd’hui que la création des grandes régions est peut-être la réforme de trop. La pré- sidente de Région Marie-Guite Dufay l’a avoué lors de ses vœux : si les forces vives du territoire commencent, à pei- ne, à appréhender la cohérence de la région Bourgogne-Franche-Comté, on est encore bien loin de l’adhésion, et tout du moins, d’un sentiment d’ap- partenance de la part de ses citoyens. Plutôt que d’avoir apporté de l’harmo- nie à l’intérieur, ces nouvelles entités ont créé les frustrations et alimenté les rancœurs. Bien sûr, le mouvement cen- trifuge qui a pour conséquence d’atti- rer vers Dijon les grands centres de décision régionaux date d’avant la fusion. Mais cette énième réforme ter- ritoriale, on s’en aperçoit clairement aujourd’hui, n’aura fait qu’exacerber les tensions entre les territoires. À tel point qu’on en est désormais à créer des pôles métropolitains qui vont bien- tôt épouser les limites des anciennes régions pour tenter de rééquilibrer les rapports de force entre l’ex-Franche- Comté et l’ex-Bourgogne. Chacun de ces grands territoires se demande désormais comment il pourra se démar- quer par rapport à ses voisins plus puis- sants et plus attractifs. Avec les tritu- rages les plus récents de la carte administrative française, la notion de territoire a pris le pas sur celle de ter- roir. À qui du terroir ou du territoire s’identifie-t-on le mieux ? ■ Jean-François Hauser Éditorial est éditée par “Publipresse Médias” - 1, rue de la Brasserie B.P. 83143 - 25503 MORTEAU CEDEX Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81 E-mail : redaction@publipresse.fr S.I.R.E.N. : 424 896 645 Directeur de la publication : Éric TOURNOUX Directeur de la rédaction : Jean-François HAUSER Directeur artistique : Olivier CHEVALIER Rédaction : Édouard Choulet, Thomas Comte, Jean-François Hauser. Ont collaboré à ce numéro : Céline Garrigues, Sarah George. Contact pub : François ROUYER au 06 70 10 90 04 Imprimé à Nancy Print - I.S.S.N. : 1623-7641 Dépôt légal : Janvier 2018 Commission paritaire : 0220 D 80130 Crédits photos : L.P.B., E. Carecchio, C.D.N., C.P.E.P.E.S.C., F. Godard-U.F.C., G.B.H., P. Guenat, J.-C. Sexe - Ville de Besançon, Soliha. J anvier, le mois des réso- lutions. Le maire de Besançon a présenté à la presse les grands chantiers et événements à venir. Pas de scoop. S’il a confirmé la venue d’une grande entreprise du luxe avec des emplois à la clé, le maire s’est bien gardé de divulguer un nom. Pour le res- te, Jean-Louis Fousseret qui a choisi le Musée des Beaux- arts de Besançon pour s’ex- primer ne l’a pas fait par hasard car “2018 sera l’année de la culture à Besançon, 2019 l’an- née du sport.” Le Musée des Beaux-Arts - où s’activent les ouvriers du bâtiment dans la poursuite du chantier de réno- vation - est appelé à devenir un lieu de rayonnement de notre ville, culturel et touris- tique. Les premières esquisses laissent apparaître un bâtiment lumineux : vivement le 16 novembre prochain et son inauguration. “Quand toutes les palissades seront enlevées de la place de la Révolution, je vois bien le retour de la gran- de roue pour le marché de Noël” a-t-il lâché. Le dixième anniversaire de l’ob- tention par les fortifications Vauban du label patrimoine mondial de l’Unesco sera l’autre temps fort culturel. Les ren- contres du réseau Vauban regroupant les douze autres villes auront lieu à Besançon. Pour marquer le coup, carte blanche est donnée au sculp- teur Mauro Corda dont l’œuvre fait la part belle à la sculpture animalière. Il présentera un ensemble à la Citadelle intitu- lé “Zoospective, le règne ani- male”. Autre sujet d’importance : l’ur- banisme. “Une ville qui ne construit pas est une ville qui meurt” image l’édile. Le quar- tier des Vaîtes va - enfin - démarrer (uniquement pour les V.R.D. au printemps), le quar- tier Vauban est parti. D’autres projets structurants sont scru- tés comme le lait sur le feu : c’est le cas de la zone com- merciale de Chalezeule (ex- Marnières). Le maire l’a annon- cé : il se déplacera en personne à l’examen du nouveau dos- sier déposé par Frey, retoqué en décembre dernier par la C.D.A.C. Enfin, la sécurité demeure une priorité de tous les instants. L’incendie crimi- nel de la maison de quartier de la Grette aux 408 est enco- re dans toutes les têtes. “Des renforts de police sont arrivés. J’en ai redemandé…Pour l’ex- périmentation de la police au quotidien, on saura bientôt.” Chahuté politiquement pour avoir rejoint En Marche en 2017, Jean-Louis Fousseret semble serein pour conduire les futures politiques dans sa ville : “Nous avons un cap. Je le suis.” ■ O uverte depuis le 9 jan- vier au 7, rue Picasso à Planoise, la Maison des services au public (M.S.A.P.) regroupe dans un seul lieu le Centre communal d’action sociale (C.C.A.S.), la Caisse d’allocations familiales (C.A.F.), la Caisse primaire d’assuran- ce maladie (C.P.A.M.) et la Mis- sion locale-Espace jeunes. Structure d’ordinaire réservée aux “campagnes” afin de pal- lier la progressive disparition des services publics, moins aux villes, la M.S.A.P. a été demandée par Besançon qui a porté la coordination tech- nique de la création du lieu. “La Ville était en droit de béné- ficier d’une optimisation et d’une simplification de l’accès à l’offre de service public” a expliqué le maire lors de l’inau- guration du bâtiment. Son coût : 1,2 million d’euros. Initiée par le C.C.A.S. avec de nombreux partenaires, la M.S.A.P. accueille ses premiers visiteurs sur trois niveaux et sur 1 700 m 2 . “Cette maison, c’est pour apporter des ser- vices à l’usager, voir quels sont leurs attentes, et les adminis- trations dont ils ont besoin” souligne le préfet du Doubs Raphaël Bartolt. L’espace va donc au-devant des usagers : un gain de temps, et de confort. C’est aussi un moyen pour repérer des personnes en dif- ficulté sociale ou de santé et de les orienter vers les services concernés. La Caisse d’allo- cations familiales, partenaire de la M.S.A.P., a rappelé l’im- portance de cette implantation à Planoise, là où 1 612 ménages bénéficient du R.S.A. (soit 35 % des bénéficiaires du R.S.A. à Besançon), où 1 603 familles sont monoparentales, où le revenu moyen est de 7 700 euros par an, soit la moi- tié du revenu moyen à Besan- çon. La M.S.A.P. est ouverte à tous les habitants, pas seu- lement ceux du quartier. ■ L a “positive attitude” était de rigueur dans les salons dorés de la pré- fecture du Doubs le 4 janvier der- nier au moment où Raphaël Bartolt, préfet du Doubs, présentait ses vœux aux personnalités. Dans son allocution, le préfet n’a pas manqué de se félici- ter du fait que “la croissance revient enfin à un niveau suffisant pour créer de l’emploi. En 2017, le nombre d’em- plois créés dans le secteur privé a pro- gressé de 2,2 % dans le Doubs. Aug- mentation plus fortement marquée dans notre département que dans les autres départements de la région, notamment du fait d’une augmentation forte de l’in- térim, + 36,2 % sur un an. Le secteur de la construction a recommencé lui aussi à recréer des emplois dès le second semestre (+ 0,2 %). Cette tendance devrait s’accentuer car les mises en chantier dans le Doubs ont augmenté de 45 %, passant de 2 000 à presque 3 000” a-t-il développé. Conséquences immédiates sur le taux de chômage en net recul dans le Doubs. “Les données arrêtées à fin novembre font apparaître pour notre département une baisse de - 5 % des demandeurs d’emploi ins- crits en catégorie A, et le nombre de demandeurs d’emploi de moins de 25 % reste fortement orienté à la baisse, - 15 % sur un an.” Le taux de chômage dans le département passe ainsi sur un an de 9,1 à 8,4 %, et reste inférieur au taux national (9,2 %). Sur le plan de la sécurité intérieure, le préfet du Doubs a noté un nombre de faits de délin- quance qui a globalement continué à baisser, “certes de manière moins impor- tante que l’année 2016 où nous avions constaté près de 2000 faits en moins.” S’agissant de la sécurité routière, hélas, “compte tenu d’un mois de septembre tragique avec 11 décès” , le bilan de la mortalité est identique à celui de l’an- née précédente, avec 35 décès, mais il s’accompagne d’une baisse continue des accidents et des blessés “qui démontre que les services de police et de gendarmerie sont bien présents sur les bords des routes” a souligné le repré- sentant de l’État. En reprenant le phi- losophe Alain, Raphaël Bartolt a conclu : “Le pessimisme est d’humeur, l’opti- misme est de volonté.” ■ À Planoise, quatre services au public en un seul lieu L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Bisontine revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait la une de l’actualité de Besançon. Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”. 2018, année de la culture à Besançon et peut-être du luxe Les vœux optimistes du préfet du Doubs Le représentant de l’État dans le Doubs a présenté ses vœux aux personnalités le 4 janvier dernier. Beaucoup de monde à l’inauguration de la M.S.A.P., rue Picasso à Besançon-Planoise. RETOUR SUR INFO - BESANÇON Jean-Louis Fousseret livre les grands chantiers 2018 depuis le Musée Beaux-Arts.

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