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L
e nombre de corps repo-
sant dans les cimetières
de Besançon est esti-
mé à 120 000.
“À
Besançon, il y a autant de per-
sonnes au-dessus qu’en dessous”
commente avec une pointe d’hu-
mour bienvenue un employé du
service état-civil. 120 000
défunts sont enterrés dans les
5 cimetières que compte la vil-
le. Sur 1 552 ares au total, les
cimetières de Saint-Ferjeux,
des Chaprais, de Velotte, de
Champ-Bruley et de Saint-Clau-
de abritent à ce jour 20 000
concessions. Autant dire que la
place commence à manquer.
Mais rien d’alarmant selon le
responsable de l’état-civil bison-
tin qui explique que
“quoi qu’il
arrive, nous ne refuserons per-
sonne dans les cimetières de
Besançon. Je reconnais que les
cimetières ne sont pas exten-
sibles, certains comme celui des
Chaprais ou Saint-Ferjeux ne
pourront plus être agrandis.
Seul le cimetière Saint-Claude
peut encore faire l’objet de tra-
vaux d’extension.”
Actuellement, la ville termine
une phase de travaux à Saint-
Claude et s’apprête à livrer, d’ici
janvier 2005, 110 nouveaux
caveaux pré-édifiés.
“Cela nous
laisse une marge d’une ving-
taine d’années.”
Pour le reste,
la ville compte sur les rotations
de concessions pour accueillir
les nouveaux défunts. Ces rota-
tions sont estimées à environ
60 par an. Elles consistent à
“récupérer” les emplacements
des défunts dont les familles ne
renouvellent pas la concession.
La réglementation en lamatiè-
re est assez complexe. Une
concession peut être payée pour
15 ans, 30 ans, 50 ans ou à per-
pétuité. Mais la ville ne peut
refuser de mettre à
disposition des ter-
rains dits “non concé-
dés” à un défunt.
“Si
on souhaite un ter-
rain non concédé, on
ne peut plus aller qu’à
Saint-Claude où il y
a encore un peu de
places.”
Ce sont des emplace-
ments “en pleine terre”, sur les-
quels la famille peut édifier un
monument funéraire. Leur
durée est limitée à 8 ans. Un
délai de 2 ans supplémentaire
est en général accordé. Au bout
de ces 10 ans, et après avoir
prévenu la famille par la pose
de petites affichettes sur l’em-
placement concerné, la pierre
est détruite, les restes de la
dépouille sont préle-
vés et déposés dans
un ossuaire du cime-
tière concerné. L’em-
placement peut alors
être proposé à une
autre famille. C’est
ce qu’on appelle la
rotation. Il y en a
environ une quinzaine par an
dans chacun des cimetières
bisontins.
“On fait tout pour évi-
ter les rotations mais parfois,
le défunt n’a plus aucune famil-
le sur place ou les descendants
ne donnent pas de nouvelles.”
Le système est identique pour
les concessions payantes limi-
tées dans le temps, celles accor-
dées pour 15, 30 ou 50 ans. Leur
prix varie selon qu’elles sont
“pleine terre” ou constructibles
(c’est-à-dire un caveau). Il faut
compter par exemple 493,30
euros T.T.C. pour une conces-
sion pleine terre pour 15 ans,
818,30 euros pour une pleine
terre 50 ans, 825,30 euros pour
une concession de 50 ans dans
le jardin d’urnes de Saint-Clau-
de (réservé auxurnes cinéraires).
Il y a enfin les concessions per-
pétuelles, l’emplacement que la
famille ne paye qu’une seule fois
et dont elle conservera la jouis-
sance “
ad vitam æternam
”. Le
“droit d’entrée” à payer pour
une concession perpétuelle dans
un cimetière bisontin est actuel-
lement de 6 569 euros T.T.C.
“Il
y a beaucoup de concessions per-
pétuelles à Besançon, notam-
ment tout le site classé auxmonu-
ments historiques du cimetière
des Chaprais.”
Il y a enfin le cas des défunts
sans ressources ou S.D.F. Pour
ces personnes démunies, la vil-
le a signé un contrat avec les
Pompes Funèbres Générales
selon lequel elle prend en char-
ge le prix des obsèques. Ces per-
sonnes sont ensuite inhumées
dignement.
“Il n’y a pas de car-
ré des indigents àBesançon, pas
plus qu’il n’y a de fosse com-
mune”
précise la mairie de
Besançon pour démentir une
idée reçue encore très répandue
parmi la population.
“Une fos-
se commune en tranchées ne peut
être creusée en France qu’en cas
d’épidémie.”
!
J.-F.H.
LE DOSSI ER
13
I
NHUMATIONS
6 569 euros pour une concession perpétuelle
La difficile gestion des cimetières bisontins
Concessions 15 ans, 30 ans, perpétuelle, constructible ou pleine
terre, jardin d’urnes ou colombarium… La gestion des cimetières
nécessite une organisation sans faille des services municipaux.
A
vocat de formation,
Jean-Louis Couturet
est entré au Crédit
Mutuel en 1982. Après diffé-
rents postes d’encadrement, il
vient de passer 10 ans à la tête
de l’agence du Crédit Mutuel
de Grand Charmont-Sochaux.
“Je suis heureux de retrouver
la ville de Besançon où j’ai effec-
tué une partie de mes études
dans les années 80”
. Arrivé à la
tête de l’agence duCrédit Mutuel
Besançon Saint-Claude-Valen-
tin, le 17 août dernier, Jean-
Louis Couturet a pu se familia-
riser avec son équipe de 24
collaborateurs qui accompa-
gnent 13 000 clients dont plus
de la moitié de sociétaires.
“L’agence de Saint-Claude-
Valentin qui comprend deux
sites, l’un 6 rue Jean Wyrsch et
l’autre en zone commerciale de
Valentin. Nous avons une clien-
tèle très diversifiée de particu-
liers mais aussi de PMI.PME,
de professions libérales, de com-
merçants et d’artisans.
"
Jean-Louis Couturet
est entré au Crédit
Mutuel en 1982.
Un nouveau directeur pour
l’agence du Crédit Mutuel Saint-Claude Valentin
CRÉDIT MUTUEL SAINT-CLAUDE, 6 rue Jean Wirsh
CRÉDIT MUTUEL VALENTIN, Espace commercial Valentin, Rte de Chatillon
Tél. 03 820 034 917
(N° Indigo)
D
ATES DE CRÉATION
Les cimetières
bisontins : 200
ans d’histoire
C’est le décret impérial sur les
sépultures du 12 juin 1804 qui
impose aux communes de
créer des cimetières. Une ini-
tiative signée Napoléon Bona-
parte. Dès lors, plus
“aucune
inhumation n’aura lieu dans
les églises, temples, syna-
gogues, hôpitaux, chapelles
publiques… ni dans l’encein-
te des villes et des bourgs.”
- Cimetière
du Champ-Bruley : 1793
- Cimetière
des Chaprais : 1824
- Cimetière de Velotte : 1865
- Cimetière de
Saint-Ferjeux : 1867
- Cimetière de
Saint-Claude : 1896
“Il n’y a pas
de carré des
indigents à
Besançon.”
Une partie du cimetière des Chaprais est classée aux monuments historiques,
et par ce fait, est intouchable.
“E
n l’état actuel des choses, nous
sommes tranquilles encore pour
10 ans, peut-être pour 15 ans et
au grand maximum pour 20 ans.”
Le constat dressé par Yves-Michel Dahoui,
l’adjoint bisontin responsable de la question
des cimetières, montre la nécessi-
té d’anticiper. Les murs des cime-
tières ne sont pas extensibles.
Seul le cimetière de Saint-Claude
peut encore être agrandi.
“Les dif-
férentes phases de travaux prévus
sur Saint-Claude repousseront son
enceinte jusqu’au bord de la nou-
velle Z.A.C. Vallon du Jour. Ensui-
te, nous ne pourrons plus l’agran-
dir. Il va donc falloir réfléchir à
autre chose.”
À Dijon, les élus ont opté en 1995 pour la créa-
tion d’un cimetière intercommunal. Toutes les
personnes qui ont leur domicile sur le terri-
toire d’une des 21 communes de la commu-
nauté d’agglomération dijonnaise ou qui décè-
dent dans une de ces communes peuvent y
être inhumées.
“Ce cimetière a été créé à une
époque où beaucoup de cimetières arrivaient
à saturation dans les communes de l’agglo-
mération,
précisent les services dijonnais.
Les
gens qui choisissent de venir ici le font parce
qu’il y a beaucoup d’espaces verts ou pour
regrouper plusieurs sépultures de la même
famille. Le cimetière intercommunal dispose
de 315 caveaux, 109 concessions ont déjà été
attribuées depuis l’ouverture.”
À Besançon, la question est posée.
La réponse dépend de plusieurs fac-
teurs, philosophique d’abord : une
personne habitant Thise accepte-
rait-elle de se faire inhumer à
Audeux ou à Tallenay ?
“Les gens
sont très attachées à leur terre, à
leur commune”
commente M.
Dahoui. Cette notion d’ordre philo-
sophique est contrebalancée par le
facteur place ensuite, lié à l’évolu-
tion régulière de la crémation. Si la crémation
poursuit son développement, les besoins de
place se feront moins sentir.
Mais par précaution,
“il faudra recenser tous
les terrains susceptibles d’accueillir un cime-
tière dans le Grand Besançon au cas où un
jour il faille en faire un nouveau”
termine l’ad-
joint.
!
J.-F.H.
R
ÉFLEXION
L’exemple dijonnais
Un cimetière intercommunal
dans l’agglomération ?
Une personne
de Thise
accepterait-
elle de se faire
inhumer à
Audeux ?
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